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 leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.

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Leandra Callaghan
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MessageSujet: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Sam 12 Mai - 14:15


leandra arya callaghan
nom : Callaghan, la pureté tombée dans l'oubli. prénom : Leandra, Arya. âge : Vingt-et-un ans. nationalité : Britannique, aux origines scandinaves. depuis quand vit-il à camelot : Elle a terminé son long voyage à destination de l'Ouest depuis quelques jours à peine. date de naissance : Le 26 Mai 556. groupe : Chevaliers de Morgane. clan : Celui de Morgane, à défaut d'avoir son propre camp.

on me définit comme...
fidèle pyromane ambitieuse démente orgueilleuse corrompue
spirituelle hautaine efficace fanatique

quelques petites questions :

Comment a-t-elle réagit à la mort du Roi Arthur et de sa reine ?
Leandra ne savait rien de ces gens-là avant d'arriver dans l'Ouest. Mais ayant juré allégeance à Morgane en premier et connaissant les relations qui les liaient, elle les détestait. Uniquement par principe ou plutôt par loyauté.
Que pense-t-elle de l'arrivée sur le trône d'un enfant de 16 ans ?
L'idée ne lui déplaît pas en soit ; elle est elle-même devenue reine à quatorze ans. Mais là encore, elle continue de suivre les idéologies de Morgane à ce sujet-là.
Allez-vous l'appuyer ou tenter de lui nuire ?
Lui nuire, le plus naturellement du monde. Leandra compte s'installer là où ce petit roi est né, avec ou sans son consentement. Et ce, indépendamment de Morgane.
Que pensez-vous de la magie ?
Foutaises ! Leandra n'en a jamais rencontré. Et elle était persuadée qu'elle ne rencontrerait jamais ni magiciens ni sorcellerie. La seule vraie force était le feu.

derrière l'écran, je suis...
prénom : isham. pseudo : ethen. âge : quinze ans. nationalité : franco-belge. comment avez-vous découvert le forum ? bazzart. Vous engagez vous à voter pour le forum le plus possible, pour le faire connaitre : mouais. code du règlement : lc. présence : 6 sur 7. double compte : nop.



Dernière édition par Leandra Callaghan le Sam 12 Mai - 22:37, édité 3 fois
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Leandra Callaghan
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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Sam 12 Mai - 14:15


through the looking-glass
Il tourna vers mon son visage d'une blancheur candide et me sourit tendrement. J'essayais désespérément de ne pas le décevoir ; mais il avait visiblement eu vent de mes écarts de conduite. Mon père affichait certes une sérénité à tout épreuve ; il venait cependant d'interrompre une séance importante de son conseil et m'avait porté sur ses genoux avant de commencer la conversation. Je savais pertinemment qu'il allait me reprocher mon attitude des jours précédents. Ses yeux noirs de jais, qui contrastaient fortement avec la blanche chevelure qu'il m'avait transmise, se fixèrent sur mon visage. Il avait beau être un père parfois un peu rêche lorsque son esprit était occupé ailleurs ; il demeurait indulgent et affectueux, notamment dans notre stricte intimité. Jaden ne cessait de me répéter qu'il agissait ainsi pour me protéger. La couronne qu'il incarnait avait des obligations professionnelles évidentes mais il tentait de me protéger, en m'affichant assez peu au peuple, voire en se comportant plutôt durement avec moi en public. Au début, je m'en étais tout simplement offusquée. J'avais peur qu'il ne me délaisse pour de bon. Mais là encore, mon frère me rassura : il ne voulait que mon bien. En toutes circonstances. En dépit de tous les efforts qu'il faisait pour s'attirer mes faveurs, je n'aimais pas Jaden. Tout comme je n'aimais pas ma mère, méprisante, et hautaine. A dire vrai, dès le moment où j'avais su capter le regard bienveillant de mon père, je fis tout pour le garder. Ashear Callaghan n'était pas seulement mon roi ; il était aussi mon modèle le plus strict. Lui retrouvait en moi, même s'il peinait à l'accepter, le visage béni et les traits fins de sa jeune soeur qui avait tragiquement disparu peu de temps avant ma naissance. « Je sais ce que vous allez dire, père, mais je voulais absolument vous revoir avant ce soir. » J'avais brisé le silence en première. Il devenait trop oppressant, et faire traîner les choses aurait été absurde. Père voulut ouvrir la bouche pour intervenir mais j'enchaînai trop rapidement : « Je n'aurais pas du provoquer la gouvernante, je le reconnais. Excusez-moi. » Après un petit temps de réflexion, il sembla satisfait. Ashear Callaghan enveloppa ma tête de ses grandes mains et déposa un baiser sur mon front, avant de m'ordonner de filer.

Haletante, sous le choc de la terreur, je m'éveillai brusquement. Mes yeux exorbités balayèrent fébrilement la pièce, paniqués à l'idée que mon cauchemar aurait pu se réaliser. M'efforçant de rendre ma respiration plus calme, j'essayai de me calmer et me rendis à l'évidence : j'avais rêvé et, grâce au ciel, c'était tout. Je me redressai doucement sur mon lit et m'étirai durant un long moment. Quelle heure pouvait-il bien être ? D'un geste bref, je me découvris de la tête aux pieds et voulus tout d'abord m'extirper du lit. Mais je n'en eus pas la force – ou peut-être pas le courage, anxieuse de ce qui pouvait bien m'attendre, une fois la porte de la chambre franchie –, ce rêve, aussi flou et peu probable qu'il était, m'avait pour le moins ébranlé. « Leandra ! » L'appel acheva brusquement de m'éveiller. Je sortis immédiatement du lit, sur le qui-vive. La gouvernante débarqua dans la pièce, les larmes aux yeux, mais la mine endormie. Elle aboya quelques paroles incompréhensibles mais j'y compris au moins une chose ; elle me sommait, au nom de tous les dieux qu'elle connaissait, de me rendre dans la chambre de mon père. Il était pris d'une fièvre depuis deux mois déjà et, instantanément, toutes les scènes de mon affreux cauchemar resurgirent dans mon esprit. Non, non, non, cela ne pouvait pas être ça. Je n'y croyais pas. Je ne voulais pas y croire et pourtant, je savais déjà. Les images se bousculaient dans ma tête. Depuis toutes ces années durant lesquelles je m'accrochais à ma figure paternelle, celle que j'avais tant cherché, que j'avais trouvé et comblé avec bonheur, elle était sur le point de m'être retirée à présent. Je me précipitai, à la suite de la gouvernante, à travers le château. Lorsque j'entrai dans la chambre, mon frère me regardait comme j'avais il n'avait posé son regard sur moi, ma mère gémissait à ses côtés. Je ne vis pas mon père, je vis juste les lèvres du nouveau souverain remuer ces quelques mots lourds d'émotions comme de conséquences. « Je suis désolé. »

J'avançai, sous le regard avisé du roi, sur le sol marbré du palais. Je n'osai lever la tête pourtant j'en étais persuadée ; il me suivait consciencieusement des yeux. Pour une fois, je n'avais sans doute rien à me reprocher mais je n'osais croiser son regard, connaissant depuis quelques temps la haine qu'il traînait envers moi depuis notre plus tendre enfance. Le capitaine de sa garde rapprochée me fit un petit geste sec et je m'arrêtai aussitôt, devant lui, affublé des insignes de notre maison. Mère aussi était là, l'air hautain et aérien qu'elle se donnait souvent figé sur son visage glacé. Je la détestais encore plus que lui. Si Jaden avait la chevelure immaculée qui faisait la gloire et la notoriété des Callaghan, il n'en était rien pour Mère. C'était tout à fait normal, puisqu'elle était née Lunst ; mais à mes yeux elle ne méritait de ce fait que mon respect le plus minime. Mon souverain me tira brusquement de mes pensées et parla, haut et fort : « Soeur, qu'as-tu à me dire ? » Je sentais que ma venue le rendait mal à l'aise, j'arrivais comme un cheveu sur la soupe. Il savait qu'il ne m'accordait que peu de temps et je percevais qu'au fond de lui, je le faisais culpabiliser ; même si ce n'était pas ma volonté première. Je ne répondis pas et un grand silence s'installa de nouveau. Mon regard croisa le sien, il émit un petit raclement de gorge d'impatience, tandis que je le dévisageai comme si je ne l'avais jamais vu, lui reprochant intérieurement un lot inconcevable de choses. Je ne pouvais m'empêcher de le maudire intérieurement, ne sachant pas même ce dont je l'accusais véritablement, alors que mon percepteur me ramenait déjà dans ma chambre, sous le regard ironique de ma mère.

Lourds d'émotions comme de conséquences. C'était un fait ; depuis la mort d'Ashear Callaghan, troisième du nom, nombre de choses avait changé. Le royaume avait fait son deuil assez péniblement, mais il l'avait fait tout de même. Malgré le fait que Père avait été un roi bon et aimant, la vie devait continuait pour chacun. Si Jaden avait réussi à tourner la page au bout de quelques mois, notamment à cause de ses devoirs de suzerain qui l'occuperaient majoritairement, Mère ne cessait de pleurer, seule dans sa chambre, en repensant à son défunt mari qu'elle n'avait jamais aimé. En ce qui me concernait, tout était différent également. Sans la protection de Père, j'étais désormais surnommée "fillette" par mes propres gardes et relayée au rang de vulgaire suivante. Mais bien vite, je ne fus plus la fillette. Et l'évènement qui causa ma déchéance surgit beaucoup plus atrocement que prévu.

Je m'en souviens encore. Comme si c'était hier. Mais ce n'était pas hier, c'était un jeudi après-midi. Nous avions déjà dîné et mon royal frère avait décidé, sur un coup de tête, de partir chasser. Bien sûr, c'était une activité de noble, qu'il aimait bien s'accorder de temps en temps mais on ne l'avait plus jamais vu remettre un pied à la chasse depuis la mort de Père. J'avoue à demi que ce fût en partie pour cette raison que je méprisais ce genre de divertissement. Attablée à mon bureau, je regardais par la fenêtre, le regard vague. Je n'écoutais pas les paroles de mon interlocuteur, même si celui-ci semblait être passionné par ce qu'il racontait. Ma plume guidait ma main sur la page blanche, elle écrivait machinalement, au flot des paroles de mon professeur. « Leandra ? » Je levai un regard perdu vers lui lorsqu'il m'interpella puis il me demanda de répéter ce qu'il venait de dire. Je baissai les yeux sur ma feuille, à la recherche d'un quelconque semblant de réponse mais il n'y avait rien de bien sensé. Je crus à cet instant qu'il allait me réprimander et rapporter à mon père mes rêveries, comme à l'époque. Puis je me souvins que Père était mort. Quelque chose me sauva alors de la sanction qui m'attendait. A vrai dire, cet événement ne me sauva aucunement. Au contraire, il me perdit. Un hennissement de cheval retentit dans la cour, en contre-bas. Je me levai brusquement pour m'enquérir de la situation et jetai un coup d’œil par la fenêtre, au grand malheur de mon tuteur. Dans une vision d'horreur, je vis mon frère, par terre, la tunique de chasse tâchée de sang. Le cheval hennissait, sabots levés, devant lui. Sous mes yeux effrayés, il lui asséna un second coup tandis que je déglutis passablement. Je ne pus faire autre chose que quitter la salle en trombe et m'élancer à travers le château. Je déboulai dans la cour. Un palefrenier s'occupait du cheval et tentait de l'apaiser. Une masse de sujets s'était précipitée autour du corps de Jaden. Je m'approchai, m'attendant au pire. Et j'avais raison. Il était défiguré, méconnaissable. Je retrouvai avec difficulté les traits que je lui connaissais. Je baissai la tête et ne pus réprimer un frisson de dégoût. Lentement et avec difficulté, il tenta de dire quelque chose. Mais au bout de quelques secondes, il s'éteint à jamais, sans avoir pu s'exprimer. « Jaden ? » A cet instant, je ne pouvais me résigner à ce qui se passait sous mes yeux. J'entendis des pas et vis arriver ma mère. Ses yeux croisèrent mon visage rempli de larmes malgré moi. Elle s'arrêta brusquement à mi-chemin et pleura. Puis contre toute attente de ma part, Mère continua tout doucement jusqu'à la dépouille de son fils aimé. Elle la regarda, me gifla et se remit à pleurer.

Et Dieu sait si elle pleura longtemps. Ma mère ne put jamais se faire à l'idée que son fils n'était plus de ce monde. J'étais meurtrie, j'étais déconcertée, j'étais déboussolée, moi aussi. Mais après des années, j'avais su tourner la page, comme pour Jodd. On n'oublie jamais avec le temps, la douleur devient seulement moins forte. Mère, elle, n'avait pas su apaiser sa douleur, même avec le temps. Après la mort de Jaden, j'étais devenue la seule héritière ; je ne l'avais tout simplement pas encore réalisé, ni n'en avais mesuré les conséquences. Le jour de la mort de ma mère fût des plus accablants. Elle était décédée de chagrin. Dire que je fus bouleversée cette fois-ci aurait été le plus grand des mensonges. Je ne l'avais jamais aimée ; mais je me sentis brusquement seule et délaissée. C'était inexplicable et cruel. Mais c'était ainsi. Cependant, ce jour-là, j'avais tout juste quatorze ans. Et en plus de la mort de ma mère, je dus faire face à une autre responsabilité qui se concrétisa lorsque mon nouveau maître d'armes attitré qui s'agenouilla devant moi : « Longue vie à la reine ! »

Heureusement pour moi, j'appris très vite que c'était un homme ayant plutôt tendance à exagérer dans toute situation. Mais c'était un fait, j'étais l'héritière légitime. Dès lors, les anciens conseillers de Père et de Jaden commencèrent à affluer autour de moi, me mettant déjà dans une position des plus inconfortables. Ils m’entraînaient déjà dans leurs complots et leurs conspirations. « Sauf votre respect, vous devez vous débarrasser au plus vite des ennemis du royaume. De nombreuses personnes désiraient la place de votre père et maintenant que vous êtes au pouvoir, ils feront tout pour vous l'enlever. Certains de vos sujets ne voient pas d'un bon oeil le fait qu'une enfant de quatorze ans s'assoit sur le trône et... » Ils avaient beau parler, je ne les écoutais pas. Mais je n'étais pas à blâmer ; j'avais d'autres préoccupations. Je sentais, parallèlement, mon désir d'avenir grandir. Je n'avais que faire d'un royaume dans lequel je n'avais plus aucune famille. Et mes envies avaient beau être grandes ; je n'avais aucune envie de diriger un pays, ni de représenter la monarchie. Quelqu'un me donna l'occasion de les faire éclater au grand jour, lors d'une soirée festive donnée par le royaume. J'avais alors seize ans et jamais encore je n'avais connu l'amour, avant cette date. Depuis le début de la soirée, elle m'avait tapée dans l’œil. Elle était belle, rousse et d'une sensualité exquise. Je ne l'avais jamais rencontrée encore. Et pourtant, elle arborait un teint de cire, des habits princiers et une démarche des plus fières. Cette jeune femme éveillait en moi des sentiments nouveaux. Je n'osais aller lui parler ; ni même lui accorder un regard, de peur que nos yeux s'entremêlent et de violer son intimité. Alors, toute la soirée, je restai assise sur mon trône, à l'observer discrètement, tandis qu'elle allait et venait à travers la foule. Quelques fois, elle daignait lever ses yeux vers la table royale ; j'entrais alors subitement dans une grande discussion avec le premier conseiller qui se trouvait à ma portée. Mon ancien maître d'armes, promu conseiller militaire depuis, me lorgnait d'un regard entendu, accompagné d'un petit sourire. Si lui-même avait compris, je ne devais pas être très discrète. Je ne l'avais jamais été. Avec peu de confiance en moi, je quittai mon trône discrètement et faufilai à travers la foule. Je la voyais déjà se frayer un chemin et s'isoler dans une petite pièce, non loin de la salle où la fête battait son plein. J'y voyais là une quelconque ruse mais je ne pus m'empêcher de la suivre tout de même, presque avec précipitation. Elle me tournait le dos. Laissant derrière moi le bruit, la foule et les festivités, je fermai la porte. Elle se retourna, les pommettes cramoisies. Je me sentais frémir... à la fois de crainte et de désir. « Bonsoir, mademoiselle. » Elle me fixa, un sourire sur le visage, mais ne me répondit pas. Elle ne répondit jamais. Lentement, elle se contenta de s'avancer légèrement et de refermer ses lèvres sur les miennes. Je ne pus réprimer un second frisson. Lorsque ce baiser prit fin, elle me regarda encore une fois, d'un regard intense et pénétrant, et dit tout simplement. « Je pense que vous avez besoin de mon aide, Reine Leandra. » Et d'un geste lent et plein de douceur, elle entreprit alors de défaire son corset.

Svenhild, c'était son nom. Elle sut faire chavirer mon cœur, malgré nos quelques années de différence d'âge. Elle était belle, dangereuse, impulsive, passionnée et fougueuse. Je l'aimais ; j'en devins même dépendante. J'avais fini la nuit à ses côtés. Nous continuâmes de nous voir de temps en temps mais cela ne nous plaisait pas. Ce n'était pas assez. Aussi, je la nommais conseillère de la couronne, pour l'avoir au plus près de moi, tout au long de la journée. Son tempérament fort et ses conseils pertinents m'aidaient à gérer le royaume. Mais elle avait su toucher mon point faible ; elle savait que la vie de châtelaine ne me plaisait pas. Elle savait que mes ambitions étaient toutes autres. Un jour, alors, Svenhild me tint un discours qui me surprit malgré les idées qui émergeaient depuis quelques temps dans mon esprit. « Ma chère, vous n'êtes pas une reine. S'il vous plaît, ne me jugez pas et laissez-moi terminer. Vous le savez, tout au fond de vous que la qualité de reine ne vous plaît pas. Vous êtes une autre femme. Ce n'est pas une reine que j'ai embrassé cette nuit-là, c'est une femme. Laissez vos ambitions vous guider. » Je savais qu'elle avait raison, j'avais même envie de lui avouer mais je ne pouvais m'y résoudre. Je ne pouvais abandonner le royaume de ma famille, même si je n'avais aucune envie de le diriger. Svenhild comprenait, certes, mais quelques années plus tard, elle continua à me parler, comme une véritable oratrice, et non comme une amante. « Reine Leandra, vous gérez bien mal votre royaume. Non pas que vous n'en êtes pas digne. Ça non, je n'oserai jamais remettre en cause votre honneur, ma chère. Mais c'est un fait : vous n'êtes que trop bonne pour porter une couronne sur votre tête. Ne laissez pas paraître vos émotions. » J'ignorais où elle voulait en venir mais je la laissai continuer. « Prenez un homme fort, qui sera aimé du peuple. Il devra être votre épaule. Mais si toutefois vous avez ne serait-ce qu'un seul sentiment pour lui, cachez-le ! Ne laissez rien transparaître ; et surtout, servez-vous des gens avant qu'ils ne se servent de vous. » Je ne savais que lui répondre ; je n'étais pas fait de ce bois-là et elle semblait presque en tirer profit. J'étais désorientée. Je n'avais aucune envie de continuer et elle l'avait compris. « Je comprends vos doutes, ma reine. Mais ne paniquez pas, je vous aiderai. Je vous aiderai à réussir mais pour cela, vous aurez besoin de mon aide au quotidien. Mariez-moi. Je serai la femme forte dont vous avez besoin. » Je demeurai de marbre, devant son audace. Mais, ne sachant pas quoi faire de plus, j'acceptai, emportée par mon amour pour elle.

Je faisais les cent pas, dans cette antichambre improvisée. Mon cœur battait à tout rompre. Je fixai la porte dérobée du palais avec insistance. Derrière cette toute petite barricade, m'attendait un cortège impressionnant. Derrière cette porte, mon destin allait se sceller. De me dire qu'il était trop tard pour revenir en arrière me fit douter l'espace d'un temps. Mais l'instant d'après, je retrouvai mes esprits ; j'étais sur le point de me marier avec Svenhild et rien n'allait me faire changer d'avis. J'avais bafoué toutes mes propres lois pour cela. Le fait était là : j'étais devant cette porte et je m'apprêtai à la franchir. Les mauvaises langues avaient parlé ; mes conseillers n'avaient pas été d'accord avec tout cela et pourtant j'y étais. Comme le voulait la tradition, ma promise était déjà là, en habits royaux, lorsque je pénétrai à mon tour dans la grande salle. Le peuple présent restait calme, malgré leur excitation. Elle était vêtue d'une robe qui ressemblait en tout point à celle qu'elle portait, le jour de notre rencontre, au détail près que celle-ci mettait joliment en valeur sa poitrine, par un corset bien placé, sur lequel de belles boucles rousses retombaient. « Tu es belle. Tu es... royale. » Elle sourit, fièrement, s'approcha de mon oreille et murmura. « Tu t'y habitueras, va. »

Au fur et à mesure que notre règne perdurait, elle faisait une reine des plus aimées par le peuple. Malgré le fait que tous mes conseillers m'avaient demandé de la renier, elle était devenue une véritable meneuse. J'en étais presque effacée. En réalité, j'en étais bel et bien effacée mais cela non plus, je ne m'en rendais pas compte. Je régnais, appliquant les précieux conseils de ma femme, mais pourtant, ce n'était plus moi qui commandait réellement. Un jour, Svenhild me fit une crise de jalousie immense, au cours de laquelle elle prononça ces quelques mots qui m'ébranlèrent. « Leandra, je suis ta femme mais je suis aussi ta reine. » Accablée, je quittai le château et trouvai du réconfort auprès d'une jeune femme de joie pour la première fois de ma vie. Je savais pertinemment que je m'en mordrais les doigts par après mais je ne savais pas encore à quel point. Le lendemain de ma nuit avec la putain, Svenhild en eut immédiatement connaissance et mit son plan à exécution, presque par vengeance. Le pouvoir avait été son seul but durant tout ce temps puisque au petit matin, mes conseillers avaient été remerciés et mon ancienne garde rapprochée vint frapper à ma porte pour me mettre "au nom de la Reine et de la couronne" en état d'arrestation. Laquelle des deux reines ?

Seule, dans ma cellule, j'attendais patiemment la fin. Trois jours s'étaient péniblement écoulés depuis mon arrestation et je ne pensais plus qu'à une seule chose : la mort. Ma mort ou la sienne, peu importe mais il fallait que quelqu'un meure. Elle m'avait trahie ; et elle devait payer pour ça. Enfin les ténèbres de ma prison firent place, discrètement, à un faisceau de lumière saccadée. Quelqu'un descendait, torche en main, les marches qui me séparaient de la liberté. Je m'attendais à tout sauf à ça. Elle se tenait devant moi, fière et droite, la mine éprouvée. Elle était toujours aussi belle. D'un geste vif, Svenhild sortit un trousseau de clefs et franchit les barreaux. Je la maudis du plus profond de mon âme puis, ayant enfin la force de me relever, je fondis sur elle, comme un rapace l'aurait fait sur sa proie pour entourer sa nuque de mes mains. Je la collai au mur, à ma merci, tandis qu'elle me portait un regard implorant. Presque sans m'en rendre compte, je desserrai l'étreinte et je tombai par terre, abasourdie. Même si je l'aurais voulu, je n'aurais pas pu lui faire de mal. « Leandra... » murmura-t-elle. « Je ne te veux pas de mal, sache-le. » J'avais envie de lui ouvrir le ventre. Mais je me retins. « Au contraire, Leandra, je t'ai aidée. » J'avais vraiment du mal à y croire ; elle m'avait volée au nez et à la barbe le royaume de mon père. J'essayais de me calmer, de ne pas laisser place à mes pulsions lorsqu'elle m'embrassa. Ma première réaction fût un rejet complet. Mais peu à peu, je ne pus oser rompre le contact. Ce baiser langoureux me rappelait tant notre première rencontre. « Svenhild ? » Elle ne répondit jamais non plus. Elle entreprit de défaire son corset... désormais royal et nous fîmes l'amour, pour la dernière fois. Elle se leva, je l'implorai de rester encore un peu mais elle ne dit rien. Elle ouvrit la porte et plutôt que de la refermer derrière elle, Svenhild me déclara, pour tout adieu. « Pars, Leandra. Je m'occuperai de ton royaume tandis que tu deviendras la femme que tu veux devenir. Pars ou je te tuerai. » Sur ce, elle remonta les marches, me laissant seule, la porte ouverte.

L'Ouest fût ma première destination. Je fuyais mes terres, comme une assassin condamnée à la potence. C'était pourtant la peine de mort qui m'attendait si je retournais sur mes pas. Alors l'envie de survivre gommait peu à peu ma fierté. Au début, je vis ce voyage comme l'occasion de refaire ma vie. Depuis le début. Mais au cours de mon itinéraire épuisant, j'eus le temps de réfléchir à ce qui m'attendait. Et le désir de vengeance fut le seul sentiment qui ressortit de cette grande discussion avec moi-même. Je n'avais plus qu'une seule envie : rebâtir mon royaume dans l'Ouest, rebâtir mon honneur et mon nom, et raser mes opposants les plus fervents. Détruire par le feu et répandre le sang. Et remettre enfin à sa place la chair de ma chair, le sang de mon sang.




Dernière édition par Leandra Callaghan le Sam 12 Mai - 22:29, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Sam 12 Mai - 15:51

Bienvenue sur le forum,
merci pour ton inscription, bonne chance pour la suite de ta présentation.
si tu as des questions surtout n'hésite pas à me contacter!

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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Sam 12 Mai - 16:17

Merci beaucoup. I love you
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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Sam 12 Mai - 16:21

De rien! Very Happy

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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Sam 12 Mai - 22:37

Fiche terminée. I love you
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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Dim 13 Mai - 7:49

J'aime beaucoup ton histoire, c'est vraiment intéressant Smile

Bien sûr tu es validé, tu peux aller recenser ton avatar, ainsi que d'aller faire tes demandes et ton sujet de relation ainsi que celui de rp.

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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Dim 13 Mai - 8:06

Merci beaucoup. I love you

Oublie pas de déplacer ma fiche. Arrow
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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   Dim 13 Mai - 11:29

De rien!

Non non t'inquiète, c'est juste que j'ai quitté l'ordi après t'avoir mis dans ton groupe.

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MessageSujet: Re: leandra ◐ flesh of my flesh, blood of my blood.   

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